"Marchand d'acier", un cri de colère pour Gandrange
ECO-TERRE - En 1976, Bernard Lavilliers chantait la Fensch Vallée, ses mines et ses usines. Un tiers de siècle plus tard, c'est la vallée de l'Orne voisine et la fermeture de l'aciérie de Gandrange qui inspirent Christian De Mitri. Le chanteur de Thionville (Moselle) n'a certes pas la même renommée, mais sa chanson, Marchand d'acier, connaît un joli succès sur le site de partage YouTube, avec près de 8.000 visites depuis le 10 octobre.
"J'ai moi-même travaillé à Gandrange dans la sous-traitance, je m'occupais de l'enlèvement des scories à l'aciérie", relate Christian De Mitri, 49 ans. Parallèlement à son activité professionnelle, il chante par passion depuis vingt ans. Son style habituel, dit-il, c'est plutôt "love, chansons d'amour et ballades", avec des reprises et quelques compositions personnelles, jouées dans des bals champêtres, des karaokés et des fêtes municipales.
C'est lui qui a écrit les paroles Marchand d'acier, un "ami virtuel" d'Internet, Paulo Loureiro, se chargeant de la musique hard rock qui convenait au sujet. "Je voulais retrouver ce que j'ai vécu à l'aciérie et pousser un cri de colère contre les marchands d'acier qui ont racheté la sidérurgie avant de la délocaliser", affirme le chanteur. La CFDT de Gandrange a visiblement apprécié, puisqu'elle écrit sur son blog que "les paroles et les images sont le reflet de ce que nous avons tous vécus depuis janvier 2008", moment où ArcelorMittal a annoncé la fermeture de l'aciérie et du train à billettes.
Sous-traitant à Gandrange, Christian De Mitri a ensuite travaillé dans le secteur du nettoyage industriel. Il a été licencié en mars 2009, pour cause de crise économique. Il espère aujourd'hui que Marchand d'acier "soit entendue et écoutée de tout le monde" sur Internet. Avant, peut-être, de connaître des diffusions plus rémunératrices.
T.C.

Ne serait ce que pour éviter d'autres massacres sonores de ce type, luttons contre les délocalisations.
Rédigé par : Bruno | 26/10/2009 à 16:42
Je préfère le ciné avec Full Monty car pris du côté ironique mais pas mal quand même
Rédigé par : Xylophene | 26/10/2009 à 17:00
super beauf, super nul
Rédigé par : patpat75 | 26/10/2009 à 17:33
C'est très bien senti: on sent parfaitement le sentiment de révolte (qui se répand) face aux excés de l'argent-roi...
Rédigé par : ERGE | 26/10/2009 à 17:50
bravo
Rédigé par : thierry | 26/10/2009 à 18:01
il aime sa région et j'ai beaucoup aimé sa chanson
Rédigé par : romi | 26/10/2009 à 18:04
Super!
C'est pas la chanson qui faut écouter mais le message!
Rédigé par : cap | 26/10/2009 à 18:11
dans le genre hard rock, c'est vrai qu'il y a mieux, mais l'harmonie n'est pas l'enfant de la colère et du desespoir qui sont bien justifiés à Gandrange; alors tant mieux si ça fait un peu grincer, c'est du 'hard métal' !La colère ça libère, mais ça fait mal.Et pis c'est tout...
Rédigé par : cernier jean-luc | 26/10/2009 à 18:26
Je me fous du style musical, ce qui est important c'est que ce chanteur ait été touché par la situation des ouvriers de Gandrange et de sa région et qu'il se REVOLTE !
C'est pas si souvent qu'on entend des ouvriers prendre la parole. Aujourd'hui on croirait que le monde du travail n'a plus le droit à la parole. On nous parle des traders, des entrepreneur d'internet, de Carlos Goshn ou de Mittal mais jamais des travailleurs...alors que nous sommes la majorité .
Alors oui, on peut ne pas aimer le style, penser qu'il aurait du faire un film comique pour hollywood, faire ci ou ça mais comme le dit l'article c'est un ouvrier au chômage et il écrit des chansons. Alors il prend la plume et il chante.
Il ne se contente pas d'un blog, il participe à la lutte des ouvriers de Lorraine. Et leur donne un peu de réconfort,un peu de dignité aussi.
Rédigé par : ramiro | 26/10/2009 à 18:31
Et bien contrairement aux commentaires de beauf ci-dessus, je ressens de l'émotion en entendant cette chanson. Elle est touchante et désespérée.
Y a de quoi, car c'est dramatique pour la France : IL N'Y A PLUS D'INDUSTRIE EN FRANCE !
La Lorraine, 1ère région sidérurgique, qui a participé à l'effort de reconstruction de la France de l'après-guerre est MORTE. C'est le Luxembourg qui continue d'exploiter le filon, avec l'ARBED...
Il n'y a pas de quoi être fiers...
Ce ne sont pas les emplois sous-payés de "services" qui vont nous sortir de la crise !
Rédigé par : lola | 26/10/2009 à 18:48
Oui évidemment sur le plan artistique c'est de la merde...Putain mais quand tous ces pauvres gens vont comprendre la chance qu'il y a à fermer toutes ces aciéries, ces mines, ces usines concentrationnaires ou tu gagnes le SMIC toute la vie et ou tu n'arrives meme pas à la retraite. Quand vont-ils ouvrir les yeux sur la laideur du monde et de nos dirigeants, ils ont voté pour eux et revoteront pour eux. Ils crèvent de peur, ouvrier ne prend pas de "gants tranche". Marchons d'acier, de feu et de fer si vous voulez mais contre vos oppresseurs qui se marrent de vos couplets larmoyants.....
Rédigé par : arto | 26/10/2009 à 19:01
Je ne peux pas faire grand chose hélas pour les sidérurgistes abandonnées par Mittal et le pouvoir français mais je veux bien recueillir et héberger Miss Lorraine !
Rédigé par : kikilecokin | 26/10/2009 à 19:05
heu le mec y chante des chansons d'amour ou autre a l'occase ?
vu le massacre on aurait dis plutot qui ne chante jamais m'enfin ... s'il a son public
hélas les gens du coin vont l'ensencer pour les paroles mais bon au fond il fait un très mauvais avocat de la cause avec sa chanson a fuir au plus vite dans le sens artistique
Rédigé par : alpacks | 26/10/2009 à 19:11
Vraiment les jetons !!!.
D'abord, parce que dans ce genre d'affaires sociales,licencier du Monde,du personnel qualifié,spécialisé,sont l'insulte et des prétextes supprêmes : "pertes" de bénéfices, ou de concurrences, ou même d'anticipations due aux inquiétudes des actionnaires, mais aussi de ces patrons(de grand groupes), c'est pitoyable!!!.Pire que meutriers,ils comdamnent des familles entières. Qui ont oeuvrées des décénnies et prise au pièges de leurs créances, mais aussi, et surtout du non-reclassement de ces mêmes salariés(finalement "trop vieux/vielles"), pour prétendre retrouver un emploi.Si ce n'est pas de l'assassinat, c'est quoi ?.C'est quoi l'avenir?.En plus ils salissent certain petits patrons qui se heurtent à l'amalgame du "patron de PME,ou TPE"." Donne moi ton pied que je l'écrase, car lemien est plus grand !Demain tu me donnera l'autre, que j'y fasse avec le même plaisir ! Enfoirés !Et ce n'est pas des insultes...
Rédigé par : henno | 26/10/2009 à 19:27
Vraiment nul, on dirait du sous-Halliday, c'est dire.
"T'as bien raison de bosser huit heures, ton salaire c'est l'salaire de la peur..."
Réécoutez Trust et "bosser huit heures".
Rédigé par : Bernie | 26/10/2009 à 19:37
Ca ressemble drolement a anti social de trust au niveau diction et melodie
Rédigé par : hd | 26/10/2009 à 19:38
On sent que Christian De Mitri n'a pas déprécié Trust :). Après, je ne vois pas quel intérêt il y a à critiquer une chanson qui vise avant tout à rendre un hommage. Personnellement, ça n'est pas non plus mon style, mais la démarche est plutôt sympa.
Rédigé par : Pressagrume | 26/10/2009 à 19:40
j'ai pour ma part bien aimé. Je ne lécouterais pas en boucle mais c'est aussi bon que du Johnny.
Le message est simple. Il vient du coeur et des tripes
La sidérurgie française, dont le redressement a été payé au prix fort par les contribuables français a été sacrifiée pour quelques billets verts, même pas au profit d'un milliardaire français qui payerait au moins quelques impôts en France, mais au profit d'un milliardaire indien qui est habitué à voir crever de faim ses compatriotes. Quelle compassion peuvent attendre les sidérurgistes lorrains qui eux ne crèvent même pas de faim car il reste encore les indemnités de chomage, quelques aides sociales et les restaus du coeur ?
Gregos, un voisin d'Alsace
Rédigé par : Gregos | 26/10/2009 à 20:02
merci pour tous vos commentaires les positifs et les négatifs.
Rédigé par : de mitri christian | 27/10/2009 à 09:08
à Arto
tu as de la chance toi ? tu ne travailles pas ou tu as eu le choix de bosser dans un truc bien payé, où le patron est sympa et surtout super valorisant ? Bref, j'ai l'impression que tu tires une fierté mal placée du fait de ne pas être obligé d'aller à l'usine...mais rassures toi, les ouvriers de la sidérurgie non plus ils n'ont souvent pas eu le choix de se faire exploiter.
Toutes ces critiques sur le style musical, sur la vidéo ou sur le reste me semblent déplacées. Ne vous inquiétez pas, mais une fois que la crise sera passée, une fois que votre patron aura montré son vrai visage (harcèlement-plan social) pour continuer a se faire du fric sur votre dos, vous ne prendrez peut être pas des cours de chant pour crier votre révolte.
A moins que vous vous preniez pour autre chose que ce que vous êtes, des salariés?
Rédigé par : ramiro | 27/10/2009 à 09:59