14 juillet à Strasbourg : un défilé pour le lait
ECO-TERRE - Environ un millier de producteurs de lait, 80 tracteurs et quelques vaches ont défilé mardi à Strasbourg, à l'occasion de l'installation du nouveau Parlement européen, pour réclamer une hausse des prix du lait. Trois caravanes parties la semaine dernière de Normandie, de Bretagne et du Centre ont convergé vers Strasbourg, où elles ont retrouvé des producteurs de lait français, belges, luxembourgeois, italiens, espagnols et portugais.
"Le prix du lait est tellement malmené que ça interdit à de nombreux paysans de pouvoir vivre de leur métier", dénonce un porte-parole de la Confédération paysanne. "En 2007, l'épuisement des stocks mondiaux avait entraîné une relative hausse du prix. Puis en 2008, la reprise de la production en Nouvelle Zélande et en Australie, la baisse de la consommation notamment en Chine, et la hausse de la production en Europe ont causé d'importants stocks provoquant une chute des cours, répercutée par les industriels sur les producteurs de lait", indique le syndicat français.
"Si ça continue comme ça, c'est 40 % de producteurs en moins d'ici la fin de l'année", s'alarme Paul, 46 ans, membre de l'Association de producteurs de lait indépendants (Apli) et propriétaire d'une exploitation dans le Maine-et-Loire.
Vers 11 heures, le défilé s'ébranle en direction du Parlement européen, où une délégation doit être reçue par des eurodéputés fraichement élus. Trois vaches en tête - dont l'une avale une banane à hauteur des étals d'une épicerie -, les producteurs de lait derrière et leurs tracteurs en queue de peloton. Banderoles et pancartes aux couleurs de la Confédération paysanne, de l'Apli, de la Coordination rurale, de l'European Milk Board, de Via Campesina ou encore du syndicat allemand BDM réclament toutes la "maîtrise de la production", garantie de "prix rémunérateurs". La "hausse des quotas" entraîne une "baisse des prix", regrettent les agriculteurs, qui réclament plus de régulation. "Maintien des quotas laitiers au-delà de 2015, baisse des quotas de 5 % au moins cette année et tarif de 400 euros pour 1.000 litres de lait", revendique Paul, le producteur de Maine-et-Loire. Pour le moment, les tarifs sont pour lui à "250 euros en juillet, 203 en juin et 240 en mai" : "C'est 10.000 euros de perte en trois mois", calcule-t-il, affirmant que ses coûts de production s'établissent à 330 euros pour 1.000 litres.
Les ministres européens de l'Agriculture se sont mis d'accord lundi sur
le principe d'une prolongation d'un régime d'aide ciblé aux producteurs
de lait. Mais "c'est de la poudre aux yeux, ce n'est pas ça qui va nous faire vivre", estime Paul, qui se dit prêt à aller "au bout du processus" de lutte des producteurs pour se faire entendre.
T.C.

Mammifères.
De notre envoyée spéciale : la grève du lait qui se prépare actuellement dans nos étables hexagonales prendrait des proportions beaucoup plus importantes que prévu initialement puisque l' Organisation Mondiale du Lait Entier vient de déclarer ouvertes les hostilités entre bovins, ovins, caprins et nourrissons des cinq continents qui n' acceptent plus les lois du Marché actuel.
" Le téton, pas la tétine. " " De la nourrice au nourrisson " tels sont les slogans qui fusent du fond des landaus.
" Nous n' arriverons plus à joindre les deux bouts " rétorquent les mères nourricières des plus gloutons.
Du côté des producteurs l' unité nécessaire à une action d' une telle ampleur est bien mal engagée : la représentante bovine, une belle blonde d' Aquitaine à très forte poitrine aurait claqué la porte de l' étable dès la première reunion de conciliation après avoir déclaré que "seul le veau sous la mère respectait l' éthique de la profession et que tout autre pratique ne serait jamais plus négociable " " A quoi bon brouter le gazon du lever au coucher et ruminer une bonne partie de la nuit pour offrir à l' arrivée sur les tables de vos cuisines un produit lacté sans matière grasse avec 90% de lactose en moins ? " Elle préconise de plus la limitation de la vitesse des TGV qui cause un tort considérable à la tranquilité des troupeaux, " nos ancêtres regardaient passer les trains avec curiosité et amusement, aujourd' hui c' est un souffle d' enfer qui balaie les prairies de nos plaines; à ce rythme-là viendra le jour où l' herbe ne repoussera plus " fait-elle remarquer avec agacement.
La déléguée ovine quant à elle a fait part de la solidarité sans faille qui règne au sein du troupeau sur les questions de sécurité notamment pendant la période d' estive. " Comment allaiter en toute sérénité quand notre survie est menacée en permanence par les griffes de l' ours des Pyrénées et les crocs du loup italien qui franchit illégalement la frontière pour nous harceler sur nos pâturages alpins ? a-t-elle déclaré à notre correspondante terrifiée. " Courir à perdre la laine, il y a mieux pour améliorer notre qualité de vie " a-t-elle ajouté.
Le leader caprin, un vieux bouc puissant mais fléchissant sous le poids de ses glandes exacerbées par tant d' agitation improductive, a quant à lui avancé la seule proposition positive dans ce conflit, en effet, après concertation, les femelles de ce secteur ont proposé " la tétée alternée du nourrisson in situ et à la seule condition qu' on arrête la production de ces petits fromages vendus sur la paille des étals à des vacanciers avides d' authenticité mais gavés à bloc de produits industriels dont la concurrence est déloyale."
Comme vous le constatez la situation est actuellement bloquée pour longtemps et la tension est si forte entre les parties que " seul un Grand Mamelle de l' Environnement Laitier pourrait offrir à chacun une sortie de conflit honorable " comme l' a dit en conclusion le réprésentant de la Fédération Internationale des Fabricants de Biberons, très inquiet pour l' avenir de la profession
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Rédigé par : xiian | 14/07/2009 à 19:12