Deux étudiants trompent Paris Match avec un photoreportage bidonné
MEDIAS - "Etudiants. Tendance Précaire". C'est le titre du reportage de quatre photos en noir et blanc publié dans l'édition du 25 juin de Paris Match. Les deux auteurs, Guillaume Chauvin, 23 ans, et Rémi Hubert, 22 ans, sont étudiants à Strasbourg, à l'école des Arts Déco. Mercredi, ils ont reçu le Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant 2009 dans les locaux de la Sorbonne, à Paris. Avec à la clé un chèque de 5.000 euros et la publication du travail dans l'hebdomadaire. Mais leurs photos sont bidonnées.
Ils ont dévoilé la supercherie
lors de la remise des prix, en lisant un texte dans lequel ils
décrivent leur "démarche artistique" comme une "tentative de remise en
question" des "rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients
la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la
détresse". "On s'est dit que ça serait une bonne occasion de dévoiler les
mécanismes d'une certaine presse qui ne vérifie pas ses sources et
privilégie l'information sensationnaliste et racoleuse", commente Rémi Hubert.
Leurs photos, visibles ici, montrent des étudiant(e)s obligés de vivre dans un squat, à trois dans un appartement ou de se prostituer pour suivre leurs études. Elles mettent en fait en scène des amis. "On avait écrit les légendes à la première personne pour bien faire larmoyer", explique Rémi Hubert.
Paris Match n'a que moyennement apprécié la supercherie. Dans un communiqué diffusé jeudi, l'hebdo estime que cette "mise en scène photographique (...) éloigne (les étudiants)
du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (...)
et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans". Il a décidé d'annuler le trophée dans cette catégorie
mais a maintenu la bourse de 5.000 euros à l'école des Arts Déco, pour participer "aux
soutiens nécessaires en faveur de ceux dont ils ont voulu raconter la
vie".
AFP



Excellent article! Moi qui enfant pensais que Paris Match publiait des reportages, je sais maintenant que la rédaction n'a que peu de conscience et ne fait qu'user de tout bois pour vendre ou renvoyer les ascenseurs aux amis de ses actionnaires. People presse ou detresse presse bon teint en somme. Tant que les ventes suivent...
Rédigé par: J2M | 25/06/2009 à 20:35
l'arroseur arrosé ? Peut-être pas, mais la supercherie me plaît ! Paris-Match et ses leçons de journalisme, tous ces as des investigations autoproclamés pris en flagrant déit de voyeurisme... Rions un peu en ces temps noirs...
Je me souviens d'un bidonnage d'une instit dont Libé avait été victime (dans les années 80 peut-être). C'est jamais grave..Cela ne changera pas l'opinion des lecteurs, ni dans un sens ni dans l'autre.
Rédigé par: misson | 25/06/2009 à 20:35
J'approuve ces étudiants. Paris-Match trompe ces lecteurs. A son tour d'être trompé mais surtout on la preuve de la médiocrité de ce journal. Aujourd'hui c'est un zombie, ça a l'air vivant mais c'est mort.
Rédigé par: promeneur | 25/06/2009 à 21:03
... clin d'oeil, clin d'oeil mes enfants car je vous reconnais bien là et j'applaudis de mes 20 doigts la nique faite à Paris Match, et à tout ce genre de la photographie voyeuriste !!
continuons comme ça, ébranlons tout, et faisons parler de nous dans les journaux !
Rédigé par: Léonor | 25/06/2009 à 21:03
Qu'est-ce qu'apprends-je ? Paris Match ne serait pas un magazine d'investigation sérieux, et ferait la part belle au sensationnalisme ? Si je m'attendais à ça...
Rédigé par: Pascal | 25/06/2009 à 21:05
Je trouve l'attitude de ces étudiants assez pathétique. Paris Match ne vérifie pas les sources car le concours repose sur des bases d'honnêteté journalistique et intellectuelle.
Il existe des gens vivant dans la misère, et certains sont tels que représentés dans la presse "racoleuse". Faire un reportage bidon sur le sujet est méprisant pour ces gens. Surtout venant de la part de jeunes gens qui n'ont probablement jamais été confrontés à une très grande détresse.
Rédigé par: estrella | 25/06/2009 à 21:33
"Il a décidé d'annuler le trophée dans cette catégorie mais a maintenu la bourse de 5.000 euros à l'école des Arts Déco, pour participer "aux soutiens nécessaires en faveur de ceux dont ils ont voulu raconter la vie"
Dans un monde où on attaque en justice à la moindre occasion, l'attitude de Paris Match est à saluer.
Rédigé par: Olivier | 25/06/2009 à 22:06
superbes photos!
Et pour la forme... c'est une façon astucieuse de faire passer leur message (a mon sens pas entièrement faux), qui s'il n'avais pas été caché jusqu'au dernier moment n'aurait évident pas eut la tribune qu'il s'offre.
Rédigé par: dimitri | 25/06/2009 à 22:13
génial !
Rédigé par: x | 25/06/2009 à 22:43
Bravo les enfants, vous serez les prochains BHL.
http://allainjulesblog.blogspot.com/2009/06/bhl-et-le-spectacle-comique-de-lannee.html
Rédigé par: AJ | 25/06/2009 à 22:55
C'est un trouble et c'est troublant.
les photos de ce reportage méritent qu'on s'y attarde et en même temps la supercherie n'enlève rien à la qualité du reportage et de son point de vue.
L'honnêteté de Paris Match d'attribuer tout de même le prix est tout à son honneur mais en même temps la honte d'avoir été banané ne leur fera pas de mal.
Dans cette supercherie, les "candidats" ont fait preuve aussi d'honnêteté pour leur franchise mais aussi de malveillance qui portera préjudice aux photographes à l'avenir.
Rédigé par: zérozaza | 25/06/2009 à 23:51
Bidonner pour prouver qu'on peut bidonner est vraiment bidon. Croire que cela a une quelconque valeur est surtout la preuve de la sottise régnante, spécialement dans le discours artistique.
En fait, cette info pourrait précisément être bidon, selon un principe appliqué expérimentalement en psychologie sociale. Cela servirait alors à tester les réactions pour voir les nazes qui tombent dans le piège. Je n'ose pas l'espérer. Cela remonterait mon estime pour les médias.
Rédigé par: jacques bolo | 26/06/2009 à 00:07
Estrella > à mon sens, le reportage (et non documentaire, attention) de Guillaume et Rémi ne porte pas de regard, qu'il soit méprisant ou autre, sur les personnes qui vivent effectivement cette situation; ce n'est d'ailleurs pas la finalité d'un reportage que de juger de son sujet.
Ces photos ont été mises en scène, oui, et de la façon la plus grossière possible. C'est bien pour moi la preuve que le pied de nez va au sensationnalisme de la ligne éditoriale de Paris-Match et non aux réels étudiants précaires.
Cela justifie également la prise de position d'aller directement vers la mise en scène, et non l'utilisation de cette méthode par dépit d'être parvenu à débaucher ceux-ci.
Rédigé par: Armin | 26/06/2009 à 00:11
Attention aux intentions, parce qu'il ne faudrait pas que ce bidonage soit un déni de ces situations...
Rédigé par: jcg | 26/06/2009 à 00:21
Estrella : "Surtout venant de la part de jeunes gens qui n'ont probablement jamais été confrontés à une très grande détresse."
Super ta phrase, on dirait du journalisme Paris Match, tu ne connais rien de leur vie mais tu arrives à caser ce genre de phrase...
Du coup il est fort probable que tu sois une extremiste terroriste. (t'as vu ça veut rien dire hein? penible que des gens te jugent sans te connaitre non ?)
Rédigé par: steph | 26/06/2009 à 00:36
Supercherie assez éculée... rapelez-vous du film avec Debouze où un reportage bidonné en banlieue permet à ses auteurs de gagner un prix leur permettant de vivre de nouvelles aventures "à la plage"
Je n'aime pas Paris-Match mais je peux comprendre qu'ils se soient laissés piéger parce que le piège n'est guère original... Donc allez s'imaginer qu'une fois de plus on allait faire le coup du reportage bidonnné....
Rédigé par: Jacques Adam | 26/06/2009 à 01:58
Match nul! Si Paris Match annule le trophée dans cette catégorie, ils continuent tout de même leur logique en rémunérant 5000 euros un faux.Je ne suis pas sur de qui est le vainqueur dans cette histoire...
Rédigé par: nvk | 26/06/2009 à 02:29
Excellent, à rapprocher de "De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier" est un pamphlet politique écrit par des membres de l'Internationale situationniste et des étudiants de Strasbourg en 1966 qui provoqua le « scandale de Strasbourg ». Cette brochure eut une grande répercussion lors des événements de Mai 68.
Rédigé par: eddy | 26/06/2009 à 06:27
paris match fait de la daube, vraiment un scoop???
Rédigé par: desir et rat | 26/06/2009 à 07:26
Ils voulaient prouver quoi là ?
Que lorsque l'on est un professionnel bénéficiant d'une grande autonomie dans son travail ainsi que de la confiance de ses commanditaires, il est possible de truander ? La belle affaire...
Rédigé par: Mouais bof | 26/06/2009 à 07:28
"Donc allez s'imaginer qu'une fois de plus on allait faire le coup du reportage bidonnné" - ça porte un nom, de s'imaginer ce genre de choses, ça s'appelle du journalisme (ou de la paranoïa, c'est selon)
Rédigé par: raph | 26/06/2009 à 07:34
j'm'bidonne !!! :)))
Rédigé par: winnie 0413 | 26/06/2009 à 07:57
Tout simplement bravo !!!
Rédigé par: DRAGO Nico | 26/06/2009 à 08:22
Eh bien!! Ne me dites pas que tout ce petit monde est surpris!
La presse qui nous relate la vérité? Depuis quand? Rien de ce qu'on ne sait déjà! Bien des années trop tard! Quand aux secrets, croyez moi, ils sont bien gardés. Souvenez vous, qu'avons nous su de Vichy, de la "francisque"?
De l'amitié fidèle à des personnages responsables de la déportation de milliers de gens? Quelle presse nous a informé que ces mêmes personnages se retrouvent dans un organe de presse dit de "gauche"?Que ce même journal finance à hauteur de 50 millions de l'époque (dans les années 60),une campagne présidentielle.
Voilà ce que l'on sait aujourd'hui mais ce que nous aurions du savoir à l'époque où les les "journalistes" savaient.
Et je ne parle pas des "potains" des"rumeurs" et ce qui touche à la vie privée. Beaucoup de personnages publiques, de tout bord politique, partagent des secrets avec leurs amis journalistes, secrets que nous serions en droit de connaître, puisqu'ils influeront directement sur notre avenir et celui de nos enfants.
Tant que la politique représentera un fond de commerce pour toutes les presses, il n'y aura pas de "liberté de la presse".
Alors les photos bidons, les articles de complaisance, les mensonges par omission....
Sur ce bonne journée à tous
Rédigé par: BERNABE | 26/06/2009 à 09:31
excellent,
pour ce qui est du coté des photos,
elle sont superbe.
Rédigé par: Lyric | 26/06/2009 à 10:04
J'a-do-re !! Paris Match bénéficie honteusement d'une réputation vaguement respectable alors que c'est un torchon de voyeurisme, l'hypocrisie en plus ! Et quand on voit le reportage photo et les légendes archi-misérabilistes, le palmarès en dit long sur Paris Match ! Bravo à ces étudiants!!
Rédigé par: eili | 26/06/2009 à 10:05
C’est scandaleux....
Pour vérifier que le journaliste A ne bidonne pas le reportage, il faut bien sûr envoyer systématiquement un journaliste B pour vérifier que A a bien fait son boulot‚ puis un journaliste C pour vérifier le boulot de B, etc. On n’oubliera pas non plus de faire une enquête de moralité sur les témoins et de faire passer tout ce joli monde devant une commission de déontologie (préalablement contrôlée) munie d’un électromètre.
Rédigé par: jx75 | 26/06/2009 à 10:14
Ouais, plus c'est gros, plus ça passe. Ce reportage "alla Bourdieu" reussit bien à faire pleurer dans les chaumières gauchistes. Tous les ingrédients de la "misère sociale" y sont. Le catalogue est complet. Etonné même que Libé ne s'y soit pas laissé prendre.
Rédigé par: EricB | 26/06/2009 à 10:28
Quand un individu ou un journal (c'est un peu pareil) n'a pas un bon axe, un bon centre, bref un bon équilibre, cela arrive que cet individu ou ce journal perde cet équilibre du fait du poids des mots, d'autant plus si cet individu ou ce journal a auparavant fait face au choc des photos ;-)
Quoiqu'il en soit, il est difficile à Paris Match de trouver des circonstances atténuantes ; après tout, ils se sont eux-mêmes laissés entrainer sur la pente qui les a emporté. Que voulez-vous, un mauvais équilibre, cela finit par se payer par une chute.
Rédigé par: Dominique De Vito | 26/06/2009 à 11:20
J'adore. Malheureusement les médias sont devenus tellement friands de sensationnalisme qu'ils en deviennent d'une naïveté hébétante.
Rédigé par: David | 26/06/2009 à 12:32
J'approuve cette supercherie. Ce "montage" n'est en rien une méprise de la situation de grande précarité de nombreux étudiants bien réelle, mais plutôt de pointer la médiatisation de situations cruelles. La vie quotidienne des SDF, Les réseaux de prostituées, les campements roms, ça fait vendre. Ces étudiants savaient qu'en faisant ce reportage, ce sujet plairait. Voyeurisme quand tu nous tiens! Paris Match doit même regretter de ne pas avoir un cliché d'une passe tiens!
Rédigé par: Caroline | 26/06/2009 à 14:42
Un grand bravo a ces etudiants journaleux audacieux ! C'est courageux de leur part de s'attaquer publiquement a cette institution de presse et de les mettre face a leurs contradictions. On attendait a mieux de la part de Paris Match, par exemple investiguer ce sujet avec de vrais journalistes et montrer aux etudiants qu'on pouvait verifier ce sujet et aller encore plus loins dans la verite !
Rédigé par: Linette | 26/06/2009 à 17:05
« …Non seulement le détournement conduit à la découverte de nouveaux aspects du talent, mais encore, se heurtant de front à toutes les conventions mondaines et juridiques, il ne peut manquer d'apparaître un puissant instrument culturel au service d'une lutte de classes bien comprise. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie avec laquelle on bat en brèche toutes les murailles de Chine de l'intelligence...."
Guy Debord / Gil J. Wolman
Mode d'emploi du détournement 1956
En lisant la plupart des commentaires
j'ai plutôt l'impression qu'on pète le mur du son de la connerie....
J'aime beaucoup ce que vous faites. Je reste en contact avec vous
Rédigé par: Le baron | 30/06/2009 à 01:19
vrai ou faux , ce n'est pas la question, des étudiants vivent ces situations, et il faut le dire ! il y a de vraies situations de détresse et de misère chez les étudaints, et si la naissance n'stplus un obstacle depuis longtemps pour faire des études, les conditions financières de la famille de l'étudiant sont des inégalités de situation, c'est clair , et ce reportage le montre. Les JT font aussi des montages, il faut encore se rappeler l'excellente émission "Arrêt sur Image" qui ne passe plus à la télé, et qui pourtant dénonçait ces montages ! le choix des images est déjà une information ! et on ne le dit pas assez ! Bravo à ces étudiants qui ont osé, les images vraies ou fausses, montrent un Situation vraie !
Rédigé par: kuss marie | 30/06/2009 à 11:04